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La crise de l'euro appelle plus de démocratie
Article de Sylvie Goulard paru dans la Croix du 16 décembre 2010.
Qui sait le rôle que peut jouer le Parlement européen dans la réforme de la zone euro ? Pas grand monde : c'est un secret bien gardé. Les dirigeants qui ont introduit cette innovation dans le traité de Lisbonne semblent l'avoir oubliée. Les travaux ministériels même informels, comme ceux de la « task force » de Herman Van Rompuy, sont présentés comme un aboutissement. La procédure législative ordinaire n'est pourtant pas compliquée : la Commission européenne produit des propositions que le Parlement européen et le Conseil des ministres de l'UE doivent adopter dans les mêmes termes. Sur les six textes du « paquet » relatif à la gouvernance économique, quatre sont ainsi en « codécision ». Au Parlement européen, le travail est public : les six rapports seront débattus en commission parlementaire, amendés, rediscutés jusqu'au vote final. Des consultations ont lieu, des experts de la Banque centrale européenne aux partenaires sociaux. On est loin des accords à huis clos chers au Conseil européen, qui surprennent les citoyens et les marchés.
L'union économique et monétaire a besoin de débattre en public de son avenir. Les règles décidées à Maastricht, en 1992, atteignent leurs limites. En vingt ans, le monde a changé, les pratiques financières aussi. La portée stratégique de l'euro est plus grande que jamais. à la création de la monnaie unique en raison notamment du refus français d'une union politique , les choix budgétaires, économiques et sociaux ont été laissés aux gouvernements nationaux, tenus seulement de contrô ler dettes et déficits publics. Bien avant la crise, les faiblesses de cette approche étaient connues.
D'abord, ces règles minimales ont été enfreintes sans que les ministres des finances en charge de la surveillance mutuelle s'émeuvent. Certains ont été plus « vertueux » que d'autres, mais, collectivement, les ministres des finances ont, par exemple, refusé à Eurostat, l'office de statistiques européen, des moyens d'investigation sur la véracité des chiffres. Ensuite, le contrôle des finances publiques ne suffit pas : l'endettement privé, les bulles immobilières sont à l'origine des problèmes en Espagne ou en Irlande. Trop d'états membres, dont la France, ont négligé les réformes structurelles ; d'autres, dont l'Allemagne, ont sous-estimé l'impact de leurs actions sur leurs partenaires.
L'implication du Parlement européen, pour la première fois, dans la réforme du pacte de stabilité et de croissance, constitue en soi un progrès. Mais les rapporteurs des textes de cette réforme veulent aller plus loin. Seul un système qui fasse enfin converger les économies européennes, c'est-à-dire qui, comme le propose la Commission, combatte les déséquilibres macroéconomiques et rapproche les procédures budgétaires des États membres, sera efficace. Or, ni les ministres des Vingt-Sept, prisonniers des schémas nationaux, ni la Commission, dépourvue d'une légitimité suffisante, ne peuvent, seuls, assumer cette tâche. Sans soupape démocratique, dans le climat actuel, le contrôle mutuel deviendra vite insupportable. C'est la raison pour laquelle les rapporteurs du Parlement prônent plus de transparence : les alertes préventives de la Commission comme les mesures de sanction donneraient lieu à des échanges publics au Parlement européen. Les États mis en cause pourraient faire valoir leurs vues, les défenseurs de l'orthodoxie, exposer leurs craintes. Les parlements nationaux entretiendraient un dialogue avec l'échelon communautaire.
Enfin, mon rapport fait entrer dans les projets législatifs deux sujets que le Conseil des ministres voulait aborder seul : faut-il refinancer une partie de la dette par des euro-obligations conçues pour encourager, de manière positive, la discipline ? Faut-il créer durablement un Fonds monétaire européen, communautaire ? Sur ces points, la discussion est vive ; pour pérenniser les mécanismes de crise, une réforme des traités est peut-être nécessaire, comme l'envisage le Conseil européen. Ce serait un comble qu'un sujet si grave puisse être débattu partout, sauf au Parlement européen ! La matière étant complexe, les eurodéputés ne prétendent pas détenir la vérité, mais ils entendent jouer leur rôle. Les citoyens européens ont droit à un débat public.
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Agenda
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6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.
Plus de détails; Tout l’agenda.
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Du nouveau
16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.
15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.
9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.
10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.
7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.
7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.
4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.
4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.
3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.
3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã
Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.
30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.
24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.
16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.
19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.
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