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A propos des nominations…

On aurait pu rêver procédure plus transparente et démocratique mais il ne faut pas compter sur les gouvernements pour aller au-delà de la lettre des traités et, hélas, le traité de Lisbonne ne prévoit pas d’audition, au Parlement, des candidats pressentis pour le poste de Président du Conseil européen et celui de Haut Représentant. Nous en restons à une procédure diplomatique où l’essentiel est de ne pas faire perdre la face aux candidats non retenus. On est loin de la démocratie.

On aurait pu rêver, qu’indépendamment des procédures juridiques, les médias et notamment les télévisions européennes s’emparent du sujet ; qui empêchait France 2, la BBC, la RAI ou ZDF, toutes ensemble, d’organiser un débat de deux heures, diffusé dans toute l’Europe, entre les candidats possibles ? En les interrogeant sur leurs intentions. En les cuisinant un peu. En leur permettant de se faire connaître. Car les médias sont là pour faire connaître les personnalités en charge de responsabilité publique, non seulement pour écrire des papiers ou faire des commentaires déplorant qu’on les connaisse mal.

Sans être enthousiaste, quatre remarques:

- je retiens de cet épisode que l’opinion publique commence à réagir ; le temps est révolu des lapins sortis des chapeaux devant une société civile qui applaudit. Nos dirigeants font semblant de ne pas comprendre mais le procédé choque et c’est bien ainsi. La vie politique européenne ne se construira pas en un jour. Elle progressera à force d’indignation et de tâtonnements.

- M. van Rompuy n’est pas connu mais les Belges sont familiers de la mécanique communautaire ; le Président du Conseil européen vient d’un pays fondateur, ayant participé à toutes les avant-garde (Euro, Schengen), n’ayant aucune dérogation (surtout pas sur les droits de l’homme), n’ayant pas participé à la guerre en Irak. L'essentiel est préservé. Si le Président du Conseil européen n’est pas extrêmement fort , nous ne serons pas forcément mécontents. Il semble prêt à favoriser une bonne coordination entre Etats membres sans que la Commission en sorte encore plus affaiblie ; c’est bien ainsi.

- Nous avons évité Tony Blair ; c’est bien ainsi.

- Le prix à payer, élevé, est de confier la diplomatie européenne à une travailliste Britannique ; j’essaie de ne jamais juger les personnes sur leur passeport. Mais j'ai une pensée particulière pour Joschka Fischer ; le service diplomatique européen, c'est son "bébé" ; ;cette innovation a été introduite, grâce à lui, dans le traité constitutionnel (et reprise par le traité de Lisbonne) ; il avait eu aolors le soutien des Européens convaincus qui voulaient une diplomatie européenne forte. S'il n'y avait eu que les Britanniques, nous n'aurions pas eu cette avancée ; d'ailleurs si Mme Ashton a un titre aussi long et compliqué au lieu d'être notre "ministre des affaires étrangères", c'est à ses compatriotes qu'elle le doit ! Et c'est à eux que nous confions le "bébé" ? Avec l'aval de Paris et de Berlin, où les néo nationalistes doivent se frotter les mains de ce mauvais tour joué à l'UE ? C'est consternant. Ce petit rappel effectué, donnons sa chance à Mme Ahston ; nous jugerons sur les actes. Ce que l’on sait de son approche quand elle était commissaire au commerce est un peu inquiétant ; sa seule grande œuvre internationale est d’avoir négocié avec la Corée du Sud un accord commercial libre échangiste. Mais c’est une femme et ce point là n’est pas un gadget ; pour aller défendre nos valeurs dans les nombreux pays du monde où la moitié de l'humanité est privée de droits, c’est un message en soi. Espérons qu’elle se reconnaîtra personnellement dans la Charte des droits fondamentaux que le Royaume-Uni a écartée...

- Dernier point : les Français se lamentent particulièrement du choix de personnes effacées , mais qui a voté « non » en 2005 ? Qui a cassé la dynamique qui aurait pu faire naître, dans l’enthousiasme, une Union plus politique, plus forte ? Voilà l’un des drames de l’UE en ce moment : il est de bon ton de refuser « les Etats-Unis d’Europe », voire de se moquer des fédéralistes, mais le modèle reste encore et toujours les Etats-Unis d’Amérique.

Bonne chance à nos deux dirigeants

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

La Croix

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

Nouvel obs 24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.

 

16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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