Chronique de Bruxelles du 29 novembre au 1 décembre 2011
1er décembre 2011, Débat en plénière sur le rapport annuel 2010 de la BCE, en présence de Mario Draghi.
La situation économique européenne devient de plus en plus inquiétante et évolue très vite. La BCE joue dans cette crise un rôle clé. J'ai saisi l'occasion du débat sur le rapport annuel de la BCE, dans l'hémicycle lors de la mini-session à Bruxelles, pour rappeler publiquement l'importance de l'indépendance de la BCE. J'ai également souligné que le parlement européen a confiance dans la BCE pour prendre des décisions opportunes. Mais une fois ces décisions prises, la BCE doit défendre ces décisions avec une voix unie : les divergences d'avis entre les membres du conseil des gouverneurs, étalées sur la place publique, nuisent gravement à la crédibilité de la BCE.
"Monsieur le Président,
Nous sommes ravis de vous revoir parmi nous. Merci pour vos paroles sur le Parlement européen.
L’examen du rapport annuel de la BCE est un exercice un peu formel mais cette année, l’Europe vit des moments d’une singulière gravité. Je remercie Ramon Tremosa pour son travail dans un contexte qui n’était pas facile.
D’abord un point sur l’indépendance de la BCE : il est bon qu’elle ait été rappelée, sans ambiguïté, à Strasbourg par Angela Merkel, Mario Monti et Nicolas Sarkozy. Le Parlement européen y est aussi très attaché.
Le principe d’indépendance fait peser sur vous ainsi que sur les membres du directoire de la BCE et du conseil des gouverneurs, une lourde responsabilité.
Mais nous vous faisons confiance pour prendre les décisions que vous jugerez opportunes.
Toutes les spéculations autour du rôle actuel ou potentiel de la BCE, toutes les pressions dans un sens comme dans un autre sur vos choix mais aussi, Monsieur le Président, sur votre organisation interne, sont nuisibles à l’euro et incompatibles avec l’indépendance de votre institution.
L’indépendance ne signifie toutefois pas que la BCE est coupée du monde. Une bonne communication est importante, vis-à-vis des citoyens et des investisseurs.
J’ai aujourd’hui un souci que je tiens à exprimer publiquement : le débat entre membres du Conseil des gouverneurs est indispensable. Que ce débat soit vif, vu l’importance des enjeux, est naturel. Il est bon qu’entre vous, vous puissiez confronter des visions différentes.
Mais une fois les décisions prises, collectivement, la solidarité des membres de l’équipe « euro » devrait primer sur toute autre considération.
C’est pourquoi, et Ramon me pardonnera si je m’écarte de ce qu’il a dit, à mes yeux, le problème le plus urgent n’est pas que la BCE ne publie pas les minutes de ses réunions mais bien plutôt que les divergences entre membres du conseil des gouverneurs ne soient plus étalées sur la place publique.
Les différences de traditions et de cultures transforment alors hélas ce qui devrait être un débat de fond en un match malsain entre les Nations.
On dit souvent que les politiques parlent trop.
On dit aussi que les femmes parlent trop.
Apparemment, et bien que les banquiers centraux soient des techniciens et quasi exclusivement du sexe masculin, certains parlent trop aussi !
Vous-même depuis votre récente prise de fonction, avez fait preuve d’une retenue qui vous honore.
La fonction de tous les responsables européens, mais au premier chef des gouverneurs de banques centrales de la zone euro, est de défendre avant tout l’intérêt général et une vision européenne.
C’est difficile. Partout, les réflexes anciens ressurgissent, alors même que nous avons tous une seule monnaie et un seul traité.
L’essentiel est de faire de la pédagogie au lieu d’aller caresser les opinions publiques nationales dans le sens du poil en encourageant leurs instincts.
La zone euro gagnerait à ce que cesse la cacophonie. S’il est parfaitement légitime de réclamer un strict respect des règles de la discipline budgétaire, il est tout aussi judicieux de faire preuve des mêmes scrupules quand il s’agit de la discipline dans la communication sur notre monnaie, dans un esprit d’équipe."
16 mai, 2012, Nouvel Obs,"Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.
15 mai 2012, Ouest France,"Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.
9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.
10 mai 2012, Le Monde,"Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.
7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.
7 mai 2012, Le Pélerin,"M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.
4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.
4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.
3 mai 2012, Libération,"La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.
3 mai 2012, La Croix,"Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.
3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã
Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.
30 avril, Nouvel Obs,"Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.
24 avril, Nouvel Obs,"Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.
16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.
19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.