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26 septembre 2011, Le Plus, Nouvel Obs.


Sylvie Goulard, Députée européenne

Dangers de la démocratie à bascule


Pour la première fois depuis 1958, le Sénat vient de « basculer » à gauche lit-on partout dans la presse. Il est heureux, en démocratie, que la composition de la deuxième chambre reflète enfin la réalité de la vie politique locale. La gauche étant majoritaire dans les régions, les départements et les grandes villes, il était injuste de voir la droite continuer de monopoliser au Palais du Luxembourg toutes les présidences de commission parlementaire, tous les postes et toutes les responsabilités. Même les meilleurs sénateurs de gauche, dotés d’une compétence incontestée, n’étaient pas considérés comme pouvant être pleinement utiles à la République. Je me rappelle la surprise de nos partenaires européens lorsqu’en 2002, Robert Badinter a participé, en qualité de « suppléant », à la Convention chargée de rédiger une Constitution pour l’Europe unie.

Faudrait-il se réjouir que demain, le même jeu se répète, en changeant les dossards ? Que, pour faire payer ces années de mise à l’écart inqualifiable, d’autres talents soient gâchés de manière tout aussi inqualifiable ?

L’image de la « bascule » a quelque chose d’inquiétant. Elle confond démocratie et confrontation. Alors que les citoyens aspirent avant tout à ce que leurs problèmes d’emploi, d’éducation, de transport soient réglés, la classe politique se livre à un match stérile. La domination génère souvent des certitudes peu fécondes : les lois faites au forceps par une majorité sont défaites par celle qui lui succède, avide de revanche. Il s’en suit de grandes incertitudes juridiques, préjudiciables au pays. Et le vainqueur qui rafle la mise s’installe dans un confort malsain. Les « heureux élus » ont tous les bénéfices, ce qui a pu donner lieu à des abus, par le passé, au Sénat même.

 

Vu de Bruxelles / Strasbourg, cet affrontement paraît d’un autre âge. Dans une démocratie apaisée, les urnes dessinent une majorité et une opposition mais le but de la première n’est pas d’écraser la seconde. Elle est de gouverner pour tous et dans la durée. Au Parlement européen, il serait impensable qu’un camp gagne d’un coup tous les postes de responsabilité. Les Présidences de commission sont réparties entre les différents groupes politiques en fonction de leur poids respectif. Les minoritaires ont aussi un rôle à jouer. Chaque texte est confié à un rapporteur en fonction, là encore, des rapports de force mais ce dernier travaille étroitement avec des rapporteurs dits fictifs, issus des autres groupes. Un bon rapporteur est celui qui parvient à trouver un point d’équilibre entre ses propres convictions et les suggestions des partenaires. Moins marquée par l’idéologie, la législation rédigée en équipe a plus de chances d’être comprise à l’extérieur et de résister aux alternances.

Au lieu de jouer avec délices au jeu de bascule, les élus nationaux français feraient bien de faire prévaloir l’intérêt général, surtout dans une période de crise aussi grave. Ce qui est vrai pour les assemblées parlementaires le sera aussi lors de l’élection présidentielle. Après les illusions de la « rupture » et les dangereux débats sur l’identité nationale, les Français ont particulièrement besoin de se rassembler.

 

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Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

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Correspondants locaux

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Du nouveau

Nouvel obs 16 mai, 2012, Nouvel Obs, "Hollande - Merkel : pourquoi la France n'est pas en position de force en Europe" Vingt-septième contribution de Sylvie Goulard. Mieux comprendre les différences de vision françaises et allemande permettre une meilleure coopération entre Hollande et Merkel pour définir le projet européen et mener les réformes nécessaires. Lire.

 

Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

La Croix

3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

Nouvel obs 24 avril, Nouvel Obs, "Sarkozy ou Hollande peuvent-ils réconcilier les Français avec l'Europe ?" Vingt-cinquième contribution de Sylvie Goulard qui expose la tâche urgente du prochain Président de la République : assainir les finances publiques, restaurer la compétitivité nationale tout en permettant à l'Europe de renouer avec ses objectifs initiaux de prospérité, d'emploi et de bien être des populations. Lire.

 

16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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