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2 novembre 2011, La Croix, "On radicalise les opinions européennes"

La députée européenne de la circonscription Ouest sur la liste du MoDem estime que l’annonce du référendum grec est l’illustration de la dérive des institutions européennes.

ENTRETIEN Sylvie Goulard, députée européenne Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE)

 

« La Croix » : Peut-on comparer le futur référendum grec à d’autres consultations nationales sur l’Europe qui ont eu lieu par le passé ?

Sylvie Goulard : Non, car rien n’est comparable à la violence de la crise qui secoue la Grèce. C’est une situation totalement inédite avec un pays qui, contrairement à d’autres États aidés, comme l’Irlande ou le Portugal, n’a pas vu l’opposition jouer l’union nationale.

Ces partis appartiennent pourtant au Parti populaire européen (PPE), tout comme ceux de Nicolas Sarkozy ou d’Angela Merkel. Surtout, la décision du premier ministre Georges Papandréou est en quelque sorte le point culminant d’un désastre annoncé.

C’est l’illustration du manque de démocratie d’une Europe qui privilégie aujourd’hui la juxtaposition de politiques nationales et la coopération intergouvernementale mais qui ne se fonde pas sur des institutions supranationales.

 

Le Conseil européen n’est-il pas une institution supranationale ?

On ne peut pas prendre des décisions essentielles pour l’économie des pays du sud de l’Europe, on ne peut résoudre la question des rapports entre les États du nord et du sud de l’Europe sans trouver un chemin commun qui reçoive l’aval des députés du Parlement européen. Ces derniers sont les seuls représentants des 27 qui soient légitimement élus, majorité comme opposition, par les peuples de leurs États respectifs. Ils auraient pu ainsi jouer le rôle d’ambassadeur dans leurs pays, expliquer les règles du jeu…

Or, à aucun moment depuis le début de la crise grecque, nous n’avons pu assister à un véritable débat au-delà des frontières sur ce qui est bon pour l’Union européenne. Le Parlement a été mis à l’écart de décisions pourtant décisives et le Conseil européen a pris ses dispositions à huis clos, sans expliquer par exemple pourquoi, du jour au lendemain, la Grèce n’a plus été considérée comme pouvant rembourser sa dette.

 

Vous estimez que cela est de nature à radicaliser les opinions publiques ?

Bien sûr. Même si ses gouvernements ont commis de graves erreurs, la société grecque est redoutablement frappée par les conséquences. Il n’est pas étonnant de voir son hostilité envers les représentants de Bruxelles dont les décisions sont prises comme des diktats puisqu’il n’y a pas de transparence sur les règles du jeu européen.

De même, l’ironie de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel sur l’économie italienne lors d’une récente conférence de presse a provoqué une grande colère chez nos voisins transalpins. On est en train de radicaliser les opinions publiques les unes contre les autres, d’autant qu’au sein du Conseil européen, les pays les plus riches semblent mener le jeu. Il faut créer d’urgence les outils de demain sous peine d’être débordés par la montée des antagonismes nationaux.

 

Quels outils par exemple ?

Regardez ce qui s’est passé depuis juillet quand pour la première fois on a admis l’idée d’une décote de la dette grecque. On a laissé les Parlements nationaux prendre leur temps pour trancher la question alors que tous auraient pu être consultés à la même date et en même temps que le Parlement européen. Cela aurait facilité une conscience commune des problèmes.

La prétention du Conseil européen à gérer seul la crise, dans l’opacité, en favorisant le cloisonnement des nations au détriment de l’intérêt supérieur, commun, est en train de « plomber » l’euro et l’Europe. Il faut changer d’urgence les méthodes de gouvernance de la crise ; c’est possible dans le cadre des traités existants.

RECUEILLI PAR MICHEL WAINTROP

 

 
 

Agenda

6 juin 2012, Natixis, participation à une conférence dédiée à la relation entre les banques centrales et les institutions européennes.

 

Plus de détails; Tout l’agenda.

Correspondants locaux

ADLE/ALDE



MoDem

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Le Monde15 mai 2012, Ouest France, "Tourner la page de Merkozy", interview de Sylvie Goulard. Lire.

 

BFM 9 mai 2012, BFM Business, Sylvie Goulard est l'invitée de Stéphane Soumier sur Good Morning Business. Voir.

 

Le Monde10 mai 2012, Le Monde, "Urgente démocratisation des institutions", tribune de Sylvie Goulard qui montre que l'Europe, enceinte d'une Union politique, hésite entre le "déni de grossesse" et la "délivrance". Elle remet les efforts de François Hollande dans une perspective européenne. Lire.

 

La Croix 7 mai 2012, Debating Europe, Have the French and Greek elections broken the consensus for austerity ?, jeu de questions (internautes)/réponses(Sylvie Goulard) sur la gouvernance économique de la zone euro. Lire en anglais.

 

La Croix 7 mai 2012, Le Pélerin, "M. le Président, restaurez l’esprit européen", message de Sylvie Goulard adressé au nouveau président de la République qui doit "restaurer un bon esprit" européen à Bruxelles. Lire.

 

4 mai 2012, L’Europe, le « post-it » sur le frigo ? Réflexions de Sylvie Goulard suite au débat présidentiel du 3 mai. Lire.

 

4 mai 2012, IPSI (Istituto per gli studi di politica internazionale), "Sarkozy, Hollande and the end of "Merkozy". Lire en anglais.

 

Libération 3 mai 2012, Libération, "La Force de la France, c'est son ouverture". Tribune de Sylvie Goulard en réponse à certains discours de campagne qui privilégient les intérêts de court terme sur la tradition européenne et universelle qui a fait la grandeur de notre pays. Lire.

 

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3 mai 2012, La Croix, "Le couple italo-allemand peut-il remplacer le couple franco-allemand en Europe ?" Interview de Sylvie Goulard qui observe une forte convergence d'Angela Merkel et de Mario Monti en matière de gouvernance économique européenne. Lire.

 

3 maggio 2012, La Francia (e l'Europa) che verrã

Francia diretta Domenica prossima gli elettori francesi si recheranno alle urne per decidere se continuare ad affidare la presidenza a Nicolas Sarkozy o incaricare il candidato socialista François Hollande. Suite.

 

Nouvel obs 30 avril, Nouvel Obs, "Nicolas Sarkozy ou l'escroquerie des frontières", Vingt-sixième contribution de Sylvie Goulard qui souligne le danger de la vision étroite et nationaliste de Nicolas Sarkozy dans une époque mondiale, laquelle nécessite des réponses européennes et mondiales aux problèmes transfrontaliers. Lire.

 

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16 avril, Das Parlament, Interview de Sylvie Goulard sur les élections présidentielles. Lire en allemand.

 

Financial times 19 avril, Financial Times, "France must set aside the spirit of Asterix." Article de Sylvie Goulard. Lire.

 

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